Analyse vidéo : ce que les caméras peuvent vraiment détecter
L’analyse vidéo est un logiciel qui observe l’image de la caméra et envoie une alerte quand survient ce que vous avez défini : quelqu’un franchit une ligne, entre dans une zone, stationne trop longtemps, un objet est abandonné, un véhicule passe (et sa plaque est lue), ou des personnes sont comptées. Elle fonctionne bien dans une scène dégagée et bien éclairée, moins bien sous la pluie, le vent, la végétation et dans l’obscurité. C’est pourquoi un humain vérifie chaque alerte avant d’envoyer quelqu’un. La reconnaissance faciale traite des données biométriques, que le RGPD interdit en principe (article 9) ; la lecture de plaques est un traitement de données personnelles.
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Que peut détecter l’analyse vidéo de façon fiable ?
Des personnes ou des véhicules là où et quand ils ne devraient pas être : franchissement de ligne, intrusion dans une zone, stationnement prolongé, objet abandonné, lecture de plaque et comptage. Elle est fiable quand la question est simple et la scène dégagée.
- Franchissement de ligne : alerte quand quelqu’un franchit une ligne virtuelle dans un sens — par-dessus une clôture, ou par un portail hors horaires.
- Zone d’intrusion : alerte quand une personne ou un véhicule entre dans un espace qui doit rester vide, comme une aire de stockage la nuit.
- Stationnement prolongé : quelqu’un reste au même endroit plus longtemps que prévu — devant une porte, près d’une caisse, sur un parking.
- Objet abandonné ou retiré : un objet apparaît dans la scène ou en disparaît, et la situation persiste.
- Véhicules et plaques : détection d’un véhicule dans une zone et lecture de sa plaque à un portail ou un quai.
- Comptage de personnes : combien entrent et sortent par un accès, pour la fréquentation ou l’évacuation.
Le point commun : le système répond à une question précise à un endroit précis. Il ne « comprend » pas la situation. L’emplacement et le rôle de chaque caméra sont traités dans le guide pour choisir un système de vidéosurveillance.
Pourquoi l’analyse vidéo déclenche-t-elle de fausses alarmes ?
Parce que l’image change pour des raisons qui ne sont pas des menaces : météo, lumière, végétation, animaux, ombres. Le système voit des pixels bouger, pas une intention.
- Météo : pluie, neige, brouillard et gouttes sur l’objectif modifient l’image ; le vent agite arbres, drapeaux, bâches et câbles.
- Lumière : phares, lever et coucher du soleil, nuages qui passent, ombres qui s’allongent. Dans l’obscurité, l’image devient bruitée et les petites silhouettes disparaissent.
- Scène : animaux, insectes et araignées devant l’objectif, reflets sur les vitres et l’eau, zone tracée trop près d’une route ou d’un trottoir.
- Entretien : caméra déplacée, objectif sale, éclairage en panne. La zone reste la même alors que l’image a changé.
La fausse alarme la plus dangereuse est celle qui se répète : quand la même zone sonne chaque nuit de vent, l’opérateur apprend à l’ignorer — y compris la nuit où elle est réelle.
L’erreur inverse existe aussi : l’alarme manquée. Quelqu’un qui avance lentement, rampe, porte des vêtements sombres dans le noir ou passe par un angle mort peut ne rien déclencher. C’est pourquoi, aux points critiques, l’analyse d’image est combinée à une autre détection, comme l’explique le guide sur la protection périmétrique.
Pourquoi un humain doit-il vérifier les alertes de l’analyse vidéo ?
Parce que le logiciel dit seulement que quelque chose a changé ; un humain juge s’il s’agit d’une menace et de la suite à donner. Sans vérification, soit vous envoyez quelqu’un pour chaque branche, soit vous n’envoyez plus personne.
La vérification est brève mais précise : l’opérateur ouvre l’image en direct et l’enregistrement des secondes précédant l’alerte, voit ce qui l’a déclenchée et décide selon une procédure écrite.
- Qu’est-ce qui l’a déclenchée ? Une personne, un véhicule, un animal, la météo, la lumière.
- Est-ce autorisé ? Personnel en poste, livraison prévue, équipe de maintenance.
- Que fait la personne ? Elle passe, cherche, escalade, porte quelque chose.
- Quelle action est prévue ? Avertissement, envoi d’un agent, appel à la police, information du client.
- Consigner : ce qui a été vu, décidé, et quand — pour corriger les fausses alarmes et documenter les incidents.
Quel lien entre l’analyse vidéo et la télésurveillance ?
L’analyse est le capteur ; la télésurveillance, c’est la personne qui voit l’alerte ; l’équipe terrain, c’est celle qui se déplace. Sans les deux dernières, une alerte n’est qu’une ligne dans un journal.
C’est l’analyse vidéo qui rend la télésurveillance possible : personne ne peut regarder des dizaines d’écrans toute la nuit, mais quelqu’un peut ouvrir la bonne caméra dès qu’une zone se déclenche. Ce que la télésurveillance peut et ne peut pas faire, et quand un agent sur place est nécessaire, est expliqué dans ce guide.
Dans les systèmes de vidéosurveillance d’OVIT, la levée de doute visuelle est reliée à l’agent qui intervient, et sur la plateforme Guardly l’alerte, l’action et le rapport figurent dans la même fiche d’incident.
La reconnaissance faciale est-elle autorisée sur les caméras d’une entreprise ?
En principe, non. La reconnaissance faciale traite des données biométriques pour identifier des personnes, et le RGPD interdit ce traitement sauf dans les exceptions précises de l’article 9, paragraphe 2.
- Ce que sont les données biométriques : des données issues d’un traitement technique spécifique des caractéristiques physiques d’une personne, qui permettent ou confirment son identification unique, telles que des images faciales (RGPD, article 4, point 14).
- La règle : le traitement de données biométriques aux fins d’identifier une personne de manière unique est interdit (article 9, paragraphe 1).
- Les exceptions : l’interdiction ne tombe que dans les cas listés à l’article 9, paragraphe 2 — le premier étant le consentement explicite de la personne pour une finalité déterminée.
Une caméra à une entrée, une caisse ou une clôture filme des passants, des clients et des visiteurs qui n’ont donné aucun consentement. Pour les besoins courants de sécurité, concevez donc le système sans reconnaissance faciale et demandez au fournisseur de confirmer par écrit que la fonction est désactivée. Distinguer « personne » et « véhicule » n’est pas la même chose que dire qui est la personne.
Les caméras ne peuvent pas servir à surveiller ou évaluer les salariés (Autorité hellénique de protection des données, qui renvoie à l’article 27 de la loi 4624/2019). Cela vaut aussi pour l’analyse vidéo : comptage et stationnement prolongé ne deviennent pas des outils de contrôle du personnel.
La lecture de plaques et le comptage sont-ils des données personnelles ?
La lecture de plaques, oui : un numéro d’immatriculation mène indirectement à une personne, et le RGPD inclut l’identification indirecte. Le comptage repose sur des images de personnes, donc les règles de vidéosurveillance s’appliquent.
Le RGPD définit comme données personnelles toute information sur une personne identifiable directement ou indirectement, notamment par référence à un identifiant tel qu’un numéro (article 4, point 1). Une liste de plaques avec heures d’entrée est donc une liste de données personnelles : il lui faut une finalité, une durée de conservation et un accès restreint.
- Panneaux : informez par un panneau avant que le véhicule n’entre dans le champ de la caméra, avec le responsable du traitement, la finalité et le contact pour exercer ses droits (Directive 1/2011, article 12).
- Conservation : les images sont effacées au plus tard après 15 jours ouvrables s’il ne se passe rien ; 30 jours si l’incident concerne l’entreprise, 3 mois s’il concerne un tiers (article 8). Appliquez la même règle aux journaux de plaques et aux captures d’alertes.
- Comptage : ne gardez que le nombre utile, pas les images ni les trajets des personnes.
L’Autorité hellénique de protection des données indique que la Directive 1/2011 reste applicable aux côtés du RGPD et de la loi 4624/2019. Autorisation, panneaux et salariés sont traités dans le guide vidéosurveillance et RGPD en entreprise.
Comment bien paramétrer un système d’analyse vidéo ?
Une question par caméra, des zones éloignées de tout ce qui bouge légitimement, un armement seulement quand le site doit être vide, un test par un vrai passage et une revue mensuelle des fausses alarmes.
- Définir la question : « alerte-moi si une personne entre dans la cour après 20 h », pas « alerte-moi en cas de mouvement suspect ».
- Tracer la zone : loin des arbres, routes et trottoirs, avec un filtre personne ou véhicule et une taille minimale de cible.
- Programmer : la zone s’arme à la fermeture du site, pas pendant que le personnel travaille.
- Tester : quelqu’un franchit la ligne de jour et de nuit, sous la pluie si possible, et vous vérifiez que l’alerte parvient à l’opérateur.
- Revoir : chaque mois, quelles zones ont produit le plus de fausses alarmes et pourquoi — puis corriger la zone, l’éclairage ou la position de la caméra.
En bref
- L’analyse vidéo répond à des questions simples à des endroits précis : ligne, zone, stationnement, objet, plaque, comptage.
- Météo, lumière, végétation et mauvais entretien provoquent de fausses alarmes ; répétées, elles apprennent à l’opérateur à ignorer la zone.
- Un humain vérifie chaque alerte selon une procédure écrite avant d’envoyer quelqu’un.
- La reconnaissance faciale est un traitement de données biométriques, interdit en principe par le RGPD (article 9) ; concevez sans elle.
- Les plaques sont des données personnelles : panneau d’information, durées de la Directive 1/2011, accès restreint.
Questions fréquentes
L’analyse vidéo peut-elle remplacer un agent de sécurité ?
Pas à elle seule. Elle détecte et alerte, mais il faut un humain pour vérifier et quelqu’un pour se déplacer. Sur un site vide au périmètre dégagé, analyse vidéo, télésurveillance et intervention peuvent couvrir des heures qui exigeraient sinon un poste fixe.
Faut-il un consentement pour la reconnaissance faciale à l’entrée de mon entreprise ?
La reconnaissance faciale traite des données biométriques à des fins d’identification, ce que le RGPD interdit hors des exceptions de l’article 9, paragraphe 2, dont la première est le consentement explicite. Passants et clients ne le donnent pas : pour la sécurité courante, la fonction reste désactivée.
Combien de temps garder les journaux de plaques de la caméra du portail ?
Dans les mêmes limites que la vidéo selon la Directive 1/2011 : jusqu’à 15 jours ouvrables s’il ne se passe rien, 30 jours pour un incident visant l’entreprise, 3 mois pour un incident concernant un tiers.
Sources
Chaque point juridique ou salarial de ce guide a été vérifié auprès des sources officielles ci-dessous.
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