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Caméras de surveillance en entreprise et RGPD : ce qui est permis

En Grèce, une entreprise peut installer des caméras pour protéger les personnes et les biens sans autorisation ni déclaration auprès de l’Autorité hellénique de protection des données, à condition de pouvoir prouver que le système fonctionne légalement. Les règles figurent dans la Directive 1/2011 de l’Autorité, applicable avec le RGPD et la loi 4624/2019 : des caméras seulement là où elles sont nécessaires, jamais dans les toilettes, les vestiaires, sur les trottoirs ou vers les propriétés voisines, pas de son, des panneaux bien visibles avant le champ de la caméra, effacement sous 15 jours ouvrables s’il ne se passe rien, et aucune surveillance ni évaluation des salariés. Le responsable du traitement est celui pour le compte duquel on filme ; si un tiers exploite le système, la mission doit être confiée par écrit.

Mis à jour: 6 min de lectureSources: 2

Faut-il une autorisation pour installer des caméras dans une entreprise en Grèce ?

Non. L’Autorité hellénique de protection des données n’exige ni autorisation ni déclaration, mais l’entreprise doit pouvoir prouver que le système fonctionne légalement.

L’Autorité hellénique de protection des données indique que l’article 10 de la Directive 1/2011 (déclaration) ne s’applique plus et qu’aucune autorisation n’est requise. Le responsable du traitement doit toutefois démontrer la licéité du fonctionnement (principe de responsabilité, art. 5 §2 RGPD).

En règle générale, la base juridique est l’intérêt légitime (art. 6 §1 f RGPD). L’Autorité précise aussi que même une image en direct, sans enregistrement, constitue un traitement de données personnelles.

Concrètement, la responsabilité signifie avoir par écrit : pourquoi chaque caméra existe, ce qu’elle voit, combien de temps les images sont gardées et qui y a accès.

Dans quel but une entreprise peut-elle utiliser la vidéosurveillance ?

Pour protéger les personnes et les biens, et seulement si les caméras sont adaptées et nécessaires au risque. Si un moyen moins intrusif donne le même résultat, il doit être préféré.

La Directive 1/2011 (art. 2 a) admet comme finalité la protection des personnes et des biens contre les actes illicites. L’article 5 exige la proportionnalité : la caméra doit être adaptée et nécessaire, et le but ne doit pas pouvoir être atteint par des moyens moins intrusifs. La Directive cite des contrôles plus fréquents par le personnel de sécurité existant, une alarme aux entrées et un meilleur éclairage.

La Directive déconseille les caméras pour des infractions mineures. Notez pour chaque caméra le risque qu’elle couvre ; si vous n’y arrivez pas, elle n’est peut-être pas nécessaire.

Où une entreprise peut-elle placer des caméras, et où est-ce interdit ?

Aux entrées et sorties, caisses, locaux à fonds, réserves, locaux techniques et parkings. Jamais dans les toilettes, vestiaires, cabines d’essayage, sur les trottoirs, vers les voisins ou dans les espaces réservés au personnel.

L’article 6 de la Directive 1/2011 prévoit, pour toute entreprise :

  • Rues et trottoirs : pas d’images des rues et trottoirs adjacents ; exceptions seulement pour des lieux à sécurité renforcée (p. ex. distributeurs), et alors au strict nécessaire (§1).
  • Voisins : pas d’images des entrées ou de l’intérieur des logements, bâtiments ou locaux voisins (§2).
  • Toilettes, vestiaires, douches : jamais (§3).
  • Caméras orientables avec zoom : seulement pour une surveillance en temps réel en vue d’intervenir aussitôt, avec masquage des zones inutiles (§4).
  • Son : interdit (§5).

Pour les commerces, l’article 19 autorise les caméras aux entrées et sorties, caisses, locaux à fonds, réserves, locaux techniques et parkings. Dans la surface de vente, seulement à titre exceptionnel, dans les grands magasins vendant des articles de grande valeur, en plan large. Jamais dans les espaces de restauration, cabines d’essayage, toilettes ou locaux du personnel fermés au public. Voir aussi notre guide sur la prévention du vol en magasin.

Peut-on surveiller les salariés avec des caméras en Grèce ?

Non. Les caméras ne peuvent pas servir à surveiller, contrôler ou évaluer les salariés, ni à les former.

L’Autorité le dit expressément, en renvoyant à l’article 27 de la loi 4624/2019 et à l’article 7 de la Directive. Selon l’article 7 :

  • dans un bureau type, les caméras se limitent aux entrées et sorties, sans couvrir bureaux ni couloirs ;
  • caisses, coffres ou installations techniques peuvent être filmés si la caméra cible le bien et non les salariés ;
  • les images ne peuvent être le seul critère pour évaluer le comportement ou la performance d’un salarié (§2).

Que doit indiquer le panneau de vidéosurveillance en Grèce ?

Qui filme (le responsable du traitement), dans quel but, et qui contacter pour exercer ses droits. Il doit être visible avant d’entrer dans le champ de la caméra.

Selon l’article 12 de la Directive, toute personne doit être clairement informée avant d’entrer dans le champ du système. Les panneaux sont posés en nombre suffisant et à un endroit visible, et indiquent :

  • le responsable du traitement — pour le compte duquel on filme ;
  • la finalité ;
  • le contact pour l’exercice des droits.

Sur demande, une information plus complète doit être disponible : finalité, description du système, emplacements et champ des caméras, durée de conservation, qui exploite le système et destinataires éventuels. Toute personne filmée a un droit d’accès (art. 13) ; sa gestion est expliquée dans notre guide sur la durée de conservation des vidéos.

Combien de temps une entreprise peut-elle conserver les vidéos en Grèce ?

Jusqu’à 15 jours ouvrables s’il ne se passe rien. Si un incident visant l’entreprise est enregistré, 30 jours ; s’il concerne un tiers, 3 mois.

Les limites figurent à l’article 8 de la Directive 1/2011. Le réglage de l’enregistreur, ce qui compte comme « incident » et la remise des images à la police sont détaillés dans notre guide sur la durée de conservation des vidéos en Grèce.

Qui est responsable des caméras quand une société de sécurité les exploite ?

Le responsable du traitement est celui pour le compte duquel on filme, et c’est son nom qui figure sur le panneau. Quand l’exploitation est confiée à un tiers, la Directive exige que ce soit par écrit.

L’article 11 §2 de la Directive prévoit que lorsque l’exploitation du système est confiée à un sous-traitant — par exemple une société de sécurité qui surveille les écrans —, la mission est confiée par écrit. L’article 11 §1 met les mesures de sécurité à la charge du responsable : contrôle d’accès à la salle de contrôle et aux archives, personnel adapté et formé, transmission sécurisée des incidents.

  1. Qui est le responsable du traitement, qui est le sous-traitant ? Le contrat le dit-il ?
  2. Qui a accès aux écrans et aux archives, et comment est-ce tracé ?
  3. Qui règle la durée d’effacement, et qui exporte les images après un incident ?
  4. Quel nom figure sur le panneau ?

OVIT associe l’équipement de sécurité à l’intervention sur le terrain et à la visibilité dans Guardly. Pour d’autres questions avant de signer, voir les questions à poser à une société de sécurité.

En bref

  • Ni autorisation ni déclaration auprès de l’Autorité, mais vous devez pouvoir prouver la licéité du fonctionnement (responsabilité).
  • Des caméras uniquement pour protéger personnes et biens, et seulement si un moyen moins intrusif ne suffit pas (Directive 1/2011, art. 2 et 5).
  • Jamais dans les toilettes, vestiaires, sur les trottoirs, vers les voisins ou dans les locaux du personnel ; pas de son (art. 6 et 19).
  • Aucune surveillance ni évaluation des salariés (art. 27 loi 4624/2019, art. 7 de la Directive).
  • Panneaux avant le champ de la caméra avec responsable, finalité et contact ; mission écrite si un tiers exploite le système (art. 11 et 12).

Questions fréquentes

Faut-il déclarer les caméras de l’entreprise à l’Autorité grecque de protection des données ?

Non. Selon l’Autorité, il n’y a plus d’obligation de déclaration ni d’autorisation ; vous devez toutefois pouvoir prouver que le système fonctionne légalement.

Une caméra peut-elle filmer le poste de travail d’un salarié ?

En règle générale, non. Dans un bureau type, les caméras se limitent aux entrées et sorties, et ne peuvent servir à surveiller ou évaluer les salariés (Directive 1/2011 art. 7, loi 4624/2019 art. 27).

Les caméras d’une entreprise peuvent-elles enregistrer le son en Grèce ?

Non. La Directive 1/2011 (art. 6 §5) interdit le traitement du son pour la protection des personnes et des biens, sauf exception jugée strictement nécessaire par l’Autorité.

Sources

Chaque point juridique ou salarial de ce guide a été vérifié auprès des sources officielles ci-dessous.

  1. Αρχή Προστασίας Δεδομένων — Βιντεοεπιτήρηση: εισαγωγή (ΓΚΠΔ, ν. 4624/2019, οδηγία 1/2011)Vérifié
  2. Αρχή Προστασίας Δεδομένων — Οδηγία 1/2011 για τα συστήματα βιντεοεπιτήρησηςVérifié

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