Légitime défense et usage de la force : les limites légales pour les agents de sécurité
En Grèce, un agent de sécurité ne peut recourir à la force qu’en légitime défense : pour repousser une attaque actuelle et injuste contre lui-même ou autrui, et seulement dans la mesure nécessaire (art. 22 du Code pénal). Qui dépasse cette mesure est punissable (art. 23). Le métier n’ajoute aucun droit à la force, et la loi 2518/1997 interdit les moyens qui blessent ou mettent en danger les tiers. En pratique, un bon agent n’en arrive presque jamais là : garder ses distances, désamorcer, se retirer quand c’est possible, appeler le 100 ou le 112, et tout consigner.
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Que dit la loi grecque sur la légitime défense ?
Que l’acte commis en légitime défense n’est pas illicite lorsqu’il constitue l’atteinte nécessaire à l’agresseur pour se défendre ou défendre autrui contre une attaque actuelle et injuste. Elle s’applique à l’agent comme à n’importe qui, ni plus ni moins.
L’article 22 du Code pénal comporte trois éléments qui doivent être réunis :
- Une attaque actuelle : elle a lieu maintenant. Pas une menace pour plus tard, pas une attaque déjà terminée.
- Une attaque injuste : pas un acte légal, comme un policier qui fait son travail.
- La défense d’une personne : « soi-même ou autrui », dit l’article. On ne risque pas un affrontement physique pour un objet ou une marchandise ; on consigne et on appelle la police.
Pour le cadre général — ce qu’un agent peut ou ne peut pas faire, de l’interpellation au contrôle des sacs —, voir ce qu’un agent de sécurité peut faire ou non.
Quelle force est « nécessaire », et que se passe-t-il en cas d’excès ?
La mesure nécessaire s’apprécie selon la dangerosité de l’attaque, la nature du dommage menacé, la manière et l’intensité de l’attaque et les autres circonstances. Qui la dépasse est punissable.
Ce n’est pas l’agent qui fixe la mesure sur le moment ; la loi dit selon quels critères elle est appréciée (article 22 §3). Tout ce que vous faites, vous devez donc pouvoir l’expliquer ensuite, étape par étape : ce qu’a fait l’autre, ce qu’il menaçait, pourquoi il n’y avait pas d’autre solution.
- Excès intentionnel : punissable, avec une peine réduite (article 23).
- Excès par négligence : punissable selon les règles sur la négligence.
- Excès dû à la peur ou au trouble causés par l’attaque : non puni.
Ne bâtissez pas votre pratique sur l’exception de la peur. La pratique sûre consiste à ne jamais en arriver au point où la mesure doit être appréciée : quand l’attaque cesse ou que l’autre s’éloigne, vous cessez aussi.
L’« état de nécessité » s’applique-t-il à un agent de sécurité ?
L’article 25 du Code pénal couvre le fait d’écarter un danger actuel qui ne peut être évité autrement, si le dommage causé est nettement inférieur au dommage menacé. Mais le §2 précise qu’il ne s’applique pas à celui qui a le devoir de s’exposer au danger menaçant.
Selon l’article 25 §1, n’est pas illicite l’acte accompli pour écarter un danger actuel, impossible à éviter autrement et non causé par la faute de son auteur, menaçant la personne ou les biens de celui-ci ou d’autrui, à condition que le dommage causé soit nettement inférieur, par sa nature et son importance, au dommage menacé.
Le paragraphe 2 dispose, en traduction : « La disposition précédente ne s’applique pas à celui qui a le devoir de s’exposer au danger menaçant. » La loi ne dit pas qui a ce devoir. Savoir si et quand cela concerne un agent, ce guide ne le tranche pas ; c’est une question pour un juriste, selon le poste et les circonstances.
Ne fondez aucune décision à votre poste sur l’article 25. En cas de danger, les priorités sont les personnes, l’appel au 112 et vos consignes de poste.
Quels moyens un agent de sécurité n’a-t-il pas le droit d’utiliser ?
Tout moyen ou méthode susceptible de causer dommage, blessure ou nuisance à des tiers ou de mettre en danger la sécurité des citoyens. Les chiens sont interdits dans les lieux publics et accessibles au public.
La loi 2518/1997 (art. 4 §1 ζ, qui s’impose au personnel de sécurité par le §2 α) interdit les moyens et méthodes susceptibles de causer dommage, blessure ou nuisance à des tiers ou de mettre en danger la sécurité des citoyens.
- Chiens : interdits dans les lieux publics et accessibles au public ; admis seulement à l’intérieur de bâtiments ou de propriétés gardés, ou dans des espaces clos.
- « Outils » improvisés : ce que vos consignes de poste ne prévoient pas, vous ne le portez pas et ne l’utilisez pas.
- Armes : hors du champ de ce guide. Si votre poste implique des armes, les règles viennent de votre société et de la loi, pas d’ici.
Comment un agent de sécurité évite-t-il d’en venir à la force ?
Par la distance, des mots calmes, une issue de repli et un appel à l’aide précoce. Se retirer, quand c’est possible, n’est pas un échec : c’est le choix le plus sûr pour tous.
Ce qui suit relève de la pratique professionnelle, pas de la loi. Le but : que l’« attaque actuelle » de l’article 22 ne se produise jamais.
- Distance : restez hors de portée de bras, avec un obstacle entre vous (comptoir, porte) si possible.
- Issue : sachez toujours par où sortir ; ne vous laissez pas acculer.
- Voix et posture : ton bas et lent, mains ouvertes, phrases simples. Pas de menaces, pas d’attitude « policière ».
- Ne poursuivez pas : quelqu’un qui part avec un objet ne vous attaque pas. Notez son signalement et sa direction, appelez le 100.
- Appelez tôt : la police au 100 et votre superviseur avant que la situation ne dégénère, pas après.
- Seul en poste ? Voir le guide sur la sécurité de l’agent isolé.
Que doit faire un agent de sécurité après un incident violent ?
Les personnes d’abord : le 112 pour tout blessé, les premiers secours seulement dans la limite de votre formation. Ensuite la police au 100, votre superviseur, et un rapport d’incident écrit tant que les faits sont frais.
- Sécurité : éloignez-vous du danger s’il persiste.
- 112 pour tout blessé, agresseur compris. C’est le numéro d’urgence européen unique, gratuit (Protection civile). Suivez leurs instructions ; premiers secours seulement dans la limite de votre formation.
- 100 pour la police, la ligne d’intervention immédiate (Police hellénique).
- Superviseur ou centre des opérations, comme le prévoient vos consignes.
- Rapport : rédigez le rapport d’incident avec faits et heures — ce qu’a fait l’autre, ce que vous avez fait et pourquoi, les témoins. Sans enjoliver, sans supposer.
Lors d’un incident réel, c’est la police qui décide. Si vous êtes impliqué dans une procédure, demandez un conseil juridique : ce guide ne le remplace pas. Pour les premières minutes d’une crise, voir les 10 premières minutes.
En bref
- La force uniquement en légitime défense : une attaque actuelle et injuste contre une personne, avec la mesure nécessaire (art. 22 Code pénal).
- L’excès est punissable (art. 23) ; on s’arrête dès que l’attaque cesse.
- L’état de nécessité (art. 25) ne s’applique pas à qui a le devoir de s’exposer au danger : n’y fondez aucune décision.
- Les moyens qui blessent ou mettent en danger autrui sont interdits ; chiens seulement dans des lieux gardés ou clos (loi 2518/1997).
- En pratique : distance, désescalade, retrait, 100 ou 112, rapport écrit.
Questions fréquentes
Un agent de sécurité peut-il frapper quelqu’un pour protéger de la marchandise ?
L’article 22 du Code pénal parle de défendre « soi-même ou autrui » contre une attaque actuelle et injuste. Quelqu’un qui part avec un objet ne vous attaque pas. Consignez, appelez le 100 et laissez la police agir.
Un agent qui dépasse la légitime défense est-il puni ?
Oui. Selon l’article 23 du Code pénal, l’excès intentionnel est puni d’une peine réduite et l’excès par négligence selon les règles sur la négligence. Il n’est impuni que s’il est dû à la peur ou au trouble causés par l’attaque.
Qui un agent appelle-t-il en premier après un incident violent ?
S’il y a un blessé, le 112, numéro d’urgence européen unique. Pour la police, le 100. Puis le superviseur, comme le prévoient les consignes, et ensuite il rédige le rapport d’incident.
Sources
Chaque point juridique ou salarial de ce guide a été vérifié auprès des sources officielles ci-dessous.
- Ποινικός Κώδικας (Ν. 4619/2019), άρθρο 22 — άμυναVérifié
- Ποινικός Κώδικας (Ν. 4619/2019), άρθρο 23 — υπέρβαση άμυναςVérifié
- Ποινικός Κώδικας (Ν. 4619/2019), άρθρο 25 — κατάσταση ανάγκηςVérifié
- Ν. 2518/1997 (ΦΕΚ Α΄ 164) — κωδικοποιημένο κείμενο, Ελληνική Αστυνομία: άρθρο 4 §1 (ζ) και §2 (α)Vérifié
- Ελληνική Αστυνομία — Άμεση επικοινωνία, τριψήφιοι αριθμοί (100)Vérifié
- Γενική Γραμματεία Πολιτικής Προστασίας — 112, ο ενιαίος ευρωπαϊκός αριθμός έκτακτης ανάγκηςVérifié
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