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Ce qu’un agent de sécurité peut faire, et ce qu’il ne peut pas faire

En Grèce, un agent de sécurité a les droits de tout citoyen et aucun pouvoir de police. La loi lui interdit de se présenter comme policier, l’oblige à respecter les droits constitutionnels de chacun et proscrit les moyens qui blessent ou mettent en danger les tiers. Il ne peut appréhender quelqu’un qu’en flagrant délit, comme tout citoyen, et doit alors le remettre immédiatement à la police ; il ne peut recourir à la force que dans les limites de la légitime défense. Le contrôle d’un sac ou d’une pièce d’identité n’existe que comme condition d’entrée fixée par le propriétaire, que le visiteur accepte ou refuse. Le réflexe sûr, à chaque incident : observer, consigner, appeler la police, rendre compte.

Mis à jour: 7 min de lectureSources: 8

Quels pouvoirs a un agent de sécurité en Grèce ?

Les mêmes que tout citoyen, aucun pouvoir de police. La loi 2518/1997 lui interdit expressément de se présenter comme policier et l’oblige à respecter les droits constitutionnels d’autrui.

La loi 2518/1997 impose au personnel de sécurité des obligations, pas des pouvoirs. Selon l’article 4 §2, l’agent :

  • N’utilise pas le titre de « policier » («αστυνομικός») ni de termes pouvant faire croire au public qu’il représente une autorité publique, en particulier la police (§2 γ).
  • Ne porte pas atteinte aux droits constitutionnels des citoyens, quels qu’ils soient, dans son activité (§1 στ, via §2 α).
  • N’emploie pas de moyens ni de méthodes susceptibles de causer dommage, blessure ou nuisance à des tiers ou de mettre en danger la sécurité des citoyens (§1 ζ, via §2 α).

L’agent porte la carte professionnelle du personnel de sécurité et l’insigne sur le côté gauche de la poitrine — avec la dénomination de la société, son nom, «Ι.Ε.Π.Υ.Α.» et « PRIVATE SECURITY » —, en uniforme comme en civil (art. 6 §1). L’insigne dit exactement cela à tout le monde : sécurité privée, pas police. Pour les conditions d’accès au métier, voir comment devenir agent de sécurité.

Si quelqu’un vous prend pour un policier, corrigez-le aussitôt : « Je suis agent de la société de sécurité, pas policier. » Ne laissez jamais subsister l’impression que vous représentez une autorité.

Un agent de sécurité peut-il contrôler mon sac ou demander mes papiers ?

Seulement comme condition d’entrée fixée par le propriétaire du site et librement acceptée par le visiteur. S’il refuse, la conséquence est qu’il n’entre pas, jamais qu’il est contrôlé de force.

Aucun des textes juridiques cités dans ce guide ne contient de disposition donnant à l’agent le pouvoir de fouiller un sac, une personne ou un véhicule, d’exiger une pièce d’identité ou de retenir quelqu’un. Ce qui se passe à l’entrée d’un site repose sur autre chose : la condition d’entrée du propriétaire.

  • La condition (« entrée avec présentation du sac » ou « entrée avec enregistrement du visiteur ») figure dans les consignes de poste et est annoncée avant l’entrée.
  • Le visiteur choisit : il accepte et entre, ou refuse et reste dehors.
  • L’agent demande, il ne prend pas : il ne saisit pas le sac, ne le fouille pas lui-même, ne barre pas le passage à qui veut partir.
  • Si quelqu’un refuse et insiste pour entrer, ou en cas de soupçon d’infraction, l’agent appelle la police au 100 et prévient son superviseur.

Pour organiser correctement l’accueil des visiteurs, voir le guide du contrôle d’accès des visiteurs.

Un agent de sécurité peut-il interpeller quelqu’un ?

Seulement comme tout citoyen : pour une infraction en flagrant délit, avec l’obligation de remettre aussitôt la personne à la police. Il ne la retient pas, ne l’interroge pas, ne la fouille pas.

L’article 275 §1 du Code de procédure pénale prévoit qu’en cas de crime ou de délit flagrant, les officiers enquêteurs et tout agent de police ont l’obligation, et tout citoyen le droit, d’arrêter l’auteur, dans le respect de la Constitution et de l’article 279. L’agent de sécurité dispose exactement de ce droit du citoyen, rien de plus.

  • Flagrant délit uniquement. En dehors de l’article 275, nul ne peut être arrêté sans mandat ou décision de la chambre du conseil (article 276 §1). Si l’infraction ne vient pas de se commettre sous vos yeux, l’interpellation ne vous revient pas.
  • Infractions poursuivies sur plainte. Pour celles qui ne sont poursuivies que sur plainte, l’arrestation n’est permise que si la plainte a d’abord été déposée, même oralement, auprès de la personne habilitée à arrêter (art. 275 §2). Savoir lesquelles relèvent de ce cas n’est pas à l’agent d’en juger sur le moment.
  • Directement à la police. Toute personne arrêtée en flagrant délit est conduite sans délai devant le procureur compétent, au plus tard dans les 24 heures (article 279 §1). Concrètement : l’agent appelle immédiatement la police et lui remet la personne. Pas de « on la garde jusqu’à… », pas de questions, pas de fouille de ses affaires.

Avoir un droit ne veut pas dire que l’exercer soit le bon choix. Une interpellation implique un contact physique avec un inconnu, avec un risque pour l’agent et pour l’entourage. Suivez vos consignes de poste ; si elles ne prévoient pas d’interpellation, le choix sûr est d’observer, de consigner et d’appeler le 100.

Quand un agent de sécurité peut-il recourir à la force ?

Uniquement en légitime défense : pour repousser une attaque actuelle et injuste contre lui-même ou autrui, dans la mesure nécessaire. L’excès est punissable.

L’article 22 du Code pénal dispose que l’acte commis en légitime défense n’est pas illicite : il s’agit de l’atteinte nécessaire à l’agresseur pour se défendre ou défendre autrui contre une attaque actuelle et injuste. La mesure nécessaire s’apprécie selon la dangerosité de l’attaque, la nature du dommage menacé, la manière et l’intensité de l’attaque et les autres circonstances. Qui dépasse ces limites est punissable (article 23).

Le métier ne donne à l’agent aucun droit supplémentaire de recourir à la force. Limites, excès, état de nécessité et désescalade sont détaillés dans le guide légitime défense et usage de la force.

Que fait un agent de sécurité au lieu d’intervenir ?

Il observe, consigne, appelle la police au 100 (ou le 112 quand des personnes sont en danger) et rend compte à son superviseur. C’est son travail, pas un renoncement.

  1. Observer à distance de sécurité : ce qui se passe, combien de personnes, où elles vont, signalements, heures.
  2. Appeler : la police au 100, la ligne d’intervention immédiate (Police hellénique), ou le 112, numéro d’urgence européen unique, en cas de blessé ou de danger pour des personnes (Protection civile).
  3. Prévenir le superviseur ou le centre des opérations, comme le prévoient les consignes.
  4. Consigner immédiatement dans un rapport d’incident : faits, heures, témoins, qui vous avez appelé et quand.
  5. Transmettre à la police à son arrivée votre récit et tout ce que vous avez consigné.

Lors d’un incident réel, c’est la police qui décide. Dans une affaire juridique réelle, il faut un avocat : ce guide ne remplace pas un conseil juridique.

Que ne peut pas demander un client à un agent de sécurité ?

Tout ce que la loi interdit à l’agent : se faire passer pour la police, contrôler des personnes de force, employer des moyens qui blessent autrui ou des chiens dans des lieux ouverts au public. Inscrivez ces limites dans les consignes de poste.

  • Pas d’allure ni de discours « policier » : l’agent ne se présente pas comme une autorité (art. 4 §2 γ, loi 2518/1997).
  • Pas de contrôle forcé : le contrôle du sac est une condition d’entrée que le visiteur peut refuser.
  • Pas de chiens dans les lieux publics : la loi interdit les chiens dans les lieux publics et accessibles au public ; ils ne sont admis qu’à l’intérieur de bâtiments ou de propriétés gardés, ou dans des espaces clos (art. 4 §1 ζ).
  • Pas de « on le garde jusqu’à l’arrivée du responsable » : toute personne interpellée en flagrant délit est remise directement à la police.

De bonnes consignes de poste précisent ce que fait l’agent dans chaque scénario, et quand il s’arrête pour appeler la police. Pour le vol à l’étalage en particulier, voir la prévention des pertes dans le commerce.

En bref

  • L’agent a les droits d’un citoyen et aucun pouvoir de police ; il ne se présente jamais comme policier (art. 4 §2 γ, loi 2518/1997).
  • Le contrôle d’un sac ou d’une pièce d’identité n’est qu’une condition d’entrée que le visiteur peut refuser ; le refus signifie « pas d’entrée », jamais la force.
  • Interpellation uniquement en flagrant délit, comme tout citoyen (art. 275 CPP), avec remise immédiate à la police (art. 279) ; jamais de rétention ni d’interrogatoire.
  • La force uniquement en légitime défense (art. 22–23 Code pénal) ; l’excès est punissable.
  • Le réflexe sûr : observer, consigner, appeler le 100 ou le 112, rendre compte.

Questions fréquentes

Un agent de sécurité peut-il m’obliger à ouvrir mon sac ?

Non. Il peut vous demander de le montrer si c’est la condition d’entrée du site. Si vous refusez, la conséquence est que vous n’entrez pas ; en cas de soupçon d’infraction, l’agent appelle la police.

Un agent de sécurité peut-il interpeller quelqu’un pour vol ?

Seulement en flagrant délit, avec le droit qu’a tout citoyen (art. 275 CPP), et pour les infractions poursuivies sur plainte seulement après le dépôt de la plainte. Il remet aussitôt la personne à la police. Le choix le plus sûr reste en général d’observer, de consigner et d’appeler le 100.

Comment distinguer un agent de sécurité d’un policier ?

Par l’insigne porté sur le côté gauche de la poitrine, avec la société, son nom, «Ι.Ε.Π.Υ.Α.» et « PRIVATE SECURITY », et par la carte professionnelle qu’il porte en uniforme comme en civil (art. 6 §1, loi 2518/1997).

Sources

Chaque point juridique ou salarial de ce guide a été vérifié auprès des sources officielles ci-dessous.

  1. Ν. 2518/1997 (ΦΕΚ Α΄ 164) — κωδικοποιημένο κείμενο, Ελληνική Αστυνομία: άρθρο 4 §1 (στ), (ζ), §2 (α), (γ) και άρθρο 6 §1Vérifié
  2. Κώδικας Ποινικής Δικονομίας (Ν. 4620/2019), άρθρο 275 — σύλληψη επ’ αυτοφώρωVérifié
  3. Κώδικας Ποινικής Δικονομίας (Ν. 4620/2019), άρθρο 276 — σύλληψη μόνο με ένταλμα, εκτός από το αυτόφωροVérifié
  4. Κώδικας Ποινικής Δικονομίας (Ν. 4620/2019), άρθρο 279 — προσαγωγή στον εισαγγελέα χωρίς χρονοτριβή, το αργότερο σε 24 ώρεςVérifié
  5. Ποινικός Κώδικας (Ν. 4619/2019), άρθρο 22 — άμυναVérifié
  6. Ποινικός Κώδικας (Ν. 4619/2019), άρθρο 23 — υπέρβαση άμυναςVérifié
  7. Ελληνική Αστυνομία — Άμεση επικοινωνία, τριψήφιοι αριθμοί (100)Vérifié
  8. Γενική Γραμματεία Πολιτικής Προστασίας — 112, ο ενιαίος ευρωπαϊκός αριθμός έκτακτης ανάγκηςVérifié

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